06.09.07
Tresques et son histoire
Un, dous, Tres-que … édifié sur un promontoire rocheux dominant la Tave, autrefois au bord d’un étang, et au sud de Bagnols-sur-Cèze, le village de Tresques est un des plus anciens villages fortifiés de la région.
Communauté de communes du « Val de Tave », commune du canton de Bagnols-sur-Cèze, Tresques faisait partie de la viguerie de Bagnols-sur-Cèze et du diocèse d’Uzès, doyenné de Bagnols-sur-Cèze. Le prieuré de Notre-Dame de Tresques était uni à la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon ; l’évêque d’Uzès n’en conférait que la vicairie, sur la présentation du prieur. Au XVIe siècle, les Montcalm, qui étaient seigneurs de Tresques, obtinrent l’érection d’un chapitre collégial de quatre prêtres.
Formes anciennes : Castrum quod vocatur Trescas, 1060 (cartulaire de Notre-Dame de Nîmes, chapitre 200). Castrum de Treschas, 1121 (Gallia Christiana t. VI, t. 304). Locus deTressis, 1384 (Ménard, III, preuves p. 66, c. 1). Tresquœ, 1384 (dénombrement de la sénéchaussée). Tresques, 1550 (archives départementales C. 1323). Le prieuré Nostre-Dame de Tresque, 1620 (insinuations ecclésiastiques du diocèse d’Uzès). La communauté de Tresques 1627 (archives départementales C. 1294).
Patrimoine communal : La captation d’une source en 1893 a permis la construction dans le village de nombreuses fontaines et d’un lavoir ; l’école communale construite en 1895.
Armoiries : de sinople, à une fasce losangée d’or et de sable.
Archéologie : L’oppidum de Saint-Pierre-de-Castres habité aux époques gauloise et romaine. Dans la chapelle de La Madeleine, un autel de l’époque préromane (VIIIe-IXe siècles) a été découvert dans la crypte. Près du Mas de Saint-Pierre un habitat des VIe-Ve siècles av. J.-C. Sur le versant (et au pied) nord-ouest de l’oppidum, 13 sites de l’âge du Fer. Au lieu-dit La Grange Blanche ou La Roquette, un habitat protohistorique de plaine. Au sud de La Roquette un établissement rural du Haut Empire et du Bas Empire. Au nord de La Roquette un site occupé sous la République et le Haut Empire. A Bouyas, un site connu depuis le XIXe siècle. Au lieu-dit La Rouveyrolle, un site de villa de la période républicaine au Bas Empire et au Moyen Age. Contre le mur nord de la chapelle de Saint-Martin-de-Jussan, trouvé en 1872, un autel avec dédicace. Au nord de la chapelle un site du haut Moyen Age. Sur la colline de Courac une nécropole et au moins une villa romaine. A l’est de Blagnas sept tombes à incinération (Ier-IIe siècle apr. J.-C.) et trois tombes à inhumation (IIIe siècle apr. J.-C.). A Courac I sur une stèle funéraire à épitaphe. Au lieu-dit Courac et Canèque, une concentration de mobilier d’une villa de la République et du Haut Empire. Dans le domaine de Courac, une villa romaine. Au lieu-dit Blagnas-Montron, un site occupé du Haut Empire jusqu’au début du haut Moyen Age et un habitat plus ancien (peut-être de l’âge du Fer ?). Au lieu-dit Berrarde on a découvert une amphore. Au lieu-dit Saint-Loup une intense activité cultuelle régna avec plusieurs temples et leurs annexes au début du IVe siècle. Près de Tresques, dans un champ du comte de Vogüé, on a trouvé, au XIXe siècle, une série de cippes funéraires. Au lieu-dit Aubarne, une villa romaine et un autel gallo-romain, un chapiteau et une tombe à incinération. Au quartier du Grès, des sarcophages. Au lieu-dit Famalongue, un établissement rural gallo-romain du Haut Empire et au Bas Empire. Au lieu-dit Mas des Boutes, un site de la période républicaine au Bas Empire. Au lieu-dit La Taulière, une occupation du Haut Empire et du Bas Empire. Au lieu-dit Les Dominargues une stèle à épitaphe. Le chemin antique des Voconces traverse Tresques selon un axe nord-sud. Au quartier de La Roquette-Sud, de profondes ornières sur une cinquantaine de mètres. Dans l’église, avant 1850, a été trouvé un cippe à épitaphe et une pierre portant une dédicace à Jupiter. Encastré dans le mur de la cour du château, avant 1872, a été découvert un cippe à épitaphe. Grotte sépulcrale artificielle de Pujols : en 1884, des tirs de mines ont mis à découvert une grotte sépulcrale. Cette intéressante grotte n’a pas été vidée entièrement, un accident survenu lors des fouilles les a fait arrêter, et depuis, le cellier a été construit sur son emplacement.
Château : Le château de Tresques, signalé dès 1199, appartenait aux Sabran. Il subit des destructions aux cours des guerres de Religion. Louis XIII, venu à Tresques le 17 septembre 1632, ne pourra y loger. En 1647, Louis de Vivet, fit bâtir un autre château après avoir fait détruire ce qui restait de la forteresse. Il était encore en état à la fin du XIXe siècle. C’était une belle demeure seigneuriale dans le style Renaissance, reliée à l’église paroissiale par une galerie couverte. Il reste comme seul vestige du castrum la tour de guet seigneuriale dite Sarrasine et dont elle pouvait constituer le donjon. Inscription par arrêté du 27 juillet 2004, restaurations en cours. La tour de guet faisait partie du système de défense de la châtellenie de Tresques édifiée au XIVe siècle pour abriter les villageois. Elle offre une vue panoramique sur la vallée de la Tave, du Rhône et les châteaux environnants de Saint‑Victor-la-Coste, Gicon. Sabran et La Bastide.
Culte : A l’origine l’église paroissiale, était la chapelle oratoire du château médiéval. En 1545, une seconde nef est construite. En 1892, elle est entièrement reconstruite à l’exception de la partie Est. Chapelle Saint Pierre de Castres et Sainte-Magdeleine, ruinée dès le XVIe siècle, La Magdeleine, 1789 (carte des États). Elle serait due aux bénédictins de Saint-Pierre de Castres ayant desséché l’étang près duquel elle s’élevait. Une nef unique à deux travées est prolongée d’une abside semi-circulaire de plan barlong. Une crypte sous le chœur et la moitié de la première travée, éclairée par deux fenêtres ébrasées à l’intérieur disposées au ras du sol. Saint-Loup, église ruinée, 1715 (J. B. Nolin, Carte du diocèse d’Uzès), qu’un pouillé du XVIIe siècle nomme Saint-Loupt de Cervéjant, et celui de 1631, Sanctus-Lupus de Servezano, in decanatu Balneolensi, était autrefois un prieuré à simple tonsure, dont le centre était au hameau de Saint-Loup. Saint-Martin-de-Jussan, Sanctus-Martinus, de Jussano, l485 (Ménard, IV, p. 24 ; preuves p. 38, c. 1) est édifiée sur l’emplacement d’une ancienne villa gallo-romaine. Pépin le Bref aurait fait construire cette chapelle en souvenir de sa victoire sur les Sarrasins. Il aurait ensuite donné son nom au petit ruisseau voisin où se livra la bataille. église paroissiale du hameau de Jussan jusqu’au XIVe siècle, la chapelle est l’objet de prière pour la guérison de la teigne infantile (les mamans pendaient les vêtements de leur enfant atteint). Restaurations en 1543, puis en 1839 et 1872 par la famille des Vogüé qui l’utilise comme tombeau familial. En 1976, elle est cédée à la commune de Tresques. Elle est classée par arrêté du 12 juillet 1982 aux Monuments Historiques. Entourée d’une olivette, emplacement de l’ancien cimetière, c’est une des plus belles et des mieux conservées de la région.
Démographie : Tresques compte 1744 habitants en 1999 pour 1757 en 1990. On y comptait 10 feux en 1384.
Données physiques : Superficie de la commune : 1 790 ha. Altitude : 96 mètres. Grès vert : étages du grès rouge lustré et turonien ; dépôt subapennin Le dessèchement de l’étang de Tresques d’une contenance d’environ 50 hectares remonterait au xviIe siècle.
étymologie : Il est possible que le nom de Tresques représente le francique thresk « jachère », à moins que cette explication de Dauzat et Rostaing ne doive céder le pas à celle que suggère E. Nègre : occitan tresca « broussailles ». La proposition « tres aquae » (trois ruisseaux traversent la commune) n’a aucun fondement.
Anciennes fermes : Barres (Les), Baussac, Bernon, Bouliac, Couppa, Fabres (Les), Gajans, Gajani, 1384 (dénombrement de la sénéchaussée ; Ménard, t. VII, p. 652). C’était alors une communauté indépendante, faisant partie de la viguerie de Bagnols-sur-Cèze, communauté peu considérable il est vrai, puisqu’on n’y comptait alors qu’un feu. Mas-de-Saint-Martin, Noe, Pesserier, Pierresec, Rousset (Le), Saint-Loup, Sauzet (Le), Teissier, Thibes.
Culte : Chapelle romane Saint Martin de Jussan, construite au XIe siècle, elles est décorée au XIIIe ; tombeau des comtes de Vogué à partir de 1839. Elle fut un lieu de pèlerinage pour la guérison de la teigne infantile, propriété de la commune depuis 1976.
Hameaux : Bontes (Les), Le Mas-de-Boutes, 1812 (notariat de Nîmes). Bouilhas, Bousquet (Le), Caurac.
Activités humaines : L’usine Siporex y employait 60 personnes pour la fabrication de béton cellulaire blocs pour maçonnerie et composants armés pour l’habitation et le bâtiment industriel, couvrant tous les domaines de la construction. Mais l’usine a fermé, malgré une lutte importante des salariés. Cette cessation d’activité a entraîné « une fracture sociale grave et la perte d’une taxe professionnelle très importante mettant en danger les finances de la commune ». Le RGA 2000 montre une érosion continue de l’agriculture avec 41 exploitations de plus de 10 ha en 1979, 38 en 1988 et 33 en 2000. La superficie agricole utilisée suit une courbe inverse avec réciproquement pour la période 1073 ha en 1979, 1120 en 1988 et 1392 en 2000. La vigne est la principale culture avec 985 ha dont 690 les vergers sur la référence faisant 86 ha et les cultures maraîchères 35 ha. La cave coopérative compte 80 producteurs qui produisent 20 000 hl dont 8 000 en AOC, 7 000 en vin de table et 5 000 en vin de pays (médaillé pour son blanc et son rosé en 2006). A Tresques on comptait quatre fabriques de laine nous dit Rivoire, un four à chaux de la montée de Goulachon et des tuileries à la Bertrande et à Bourelly rajoute Emilien Dumas.
Le site, www.ambiance-village.com a été crée par le société http://www.phoceis.com/
Se loger dans la région: Agence Azur immobilier : www.azur-immo.fr